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Noah Foster
Newcomer
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Nationalité : Américaine
Âge : 31 ans
Profession : Mécanicien
Lieu de résidence : Waterville
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Ven 29 Déc 2017 - 7:18
 





Noah Foster



- La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre.-


Identité


Âge : 31ans.

Date de naissance : 26 août 1986.

Nationalité : Américaine.

Situation familiale : Veuf.

Profession : Mécanicien - Ancien soldat de l’armée américaine.

Orientation sexuelle: Hétérosexuel.

Particularité(s) : Possède quelques tatouages sur le corps, une cicatrice au bras gauche.

Avatar : Shia Leboeuf.



Qualités



• Loyal • Honnête • Dévoué • Réservé • Courageux




Défauts



• Rancunier • Exigeant • Pragmatique • Pessimiste




Anecdotes



• Je n’ai jamais connu ma mère, décédée quelques temps après ma naissance.

• Enfant, je rêvais de conduire des trains une fois devenu adulte.

• C’est ma femme qui m’a demandé en mariage.

• Ma cicatrice au bras gauche est une blessure, infligée en Irak durant la guerre, causée par un shrapnel.

• J’ai été dépendant à l’alcool et sans domicile fixe durant quelques années.







Caractère



D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été un homme qui ne parle pas de lui, ne montre pas ses sentiments, ses émotions. Durant mon enfance, je me suis construit autour de moi une carapace, imperméable à la vie, aux autres, à ce monde qui m’entoure. J’ai donc toujours eu du mal à parler spontanément de moi, naturellement, comme d’autres.

Pourtant je sais être quelqu’un de bonne compagnie. Je suis surtout un homme qui croit en certains principes, valeurs qui sont importantes à mes yeux. Fidèle, protecteur, serviable, je crois toujours l’avoir été. Il est vrai que durant mes jeunes années, j’étais un petit garçon frondeur, arrogant, bagarreur. Le côté bagarreur est resté. J’étais aussi assez contestataire mais ce trait a été en partie gommé lors de mon séjour à l’armée, lorsque je me suis engagé.

Attentif aux autres, je peux aussi avoir des périodes de replis sur moi. J’ai besoin de ça en fait. Il m’a fallu de nombreuses années pour trouver un équilibre dans ma façon de fonctionner. Ne pas trop me couper du monde, mais ne pas trop non plus m’exposer, m’ouvrir. Car je suis en réalité, quelqu’un de sensible, faisant preuve d’une réelle empathie. Et cela peut rapidement plus me nuire que me permettre de m’épanouir. Un juste milieu avant tout.

Que vous dire d’autres ? Je n’ai jamais été quelqu’un de réellement violent. Je peux parfois piquer quelques colères, c’est vrai, mais ce n’est jamais bien méchant et rarement dirigé contre quelqu’un en particulier. Je déteste profondément l’hypocrisie, le manque de franchise, les gens qui tournent autour du pot. Je ne supporte pas ça. Je préfère clairement quelqu’un qui ose me dire droit dans les yeux, que je suis un sale con.

Je peux être volontiers malicieux, taquin. J’ai une certaine facilité à me laisser plonger dans la dépression, au pessimisme. Je pourrais dire aussi que, quelque part, j’ai une forme d’idéalisme mais que je suis rapidement et souvent déçu par la mentalité des gens autour de moi. Pour conclure, je dois vous avouer qu’en réalité, j’’ai l’impression de toujours être entre deux eaux : l’envie de participer à un monde meilleur, t’aider, soutenir et cette farouche facilité que je peux avoir à être déçu par le monde, vouloir m’en isoler. Je sais, je suis pas facile mais je suis ainsi.





Derrière l'écran



Pseudo : /

Vous certifiez avoir 18 ans ou plus : Oui.

Sexe : Féminin.

Fréquence de connexion : Régulière.

Personnage inventé, Scénario ou Poste vacant ? Personnage inventé.

Comment avez-vous connu le forum ? Je suis Eilieleen et Hannah.

Un petit mot ? Cowabunga !




CELSIUS


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Noah Foster
Newcomer
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Nationalité : Américaine
Âge : 31 ans
Profession : Mécanicien
Lieu de résidence : Waterville
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Ven 29 Déc 2017 - 7:18
 





Votre histoire



- Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement, c'est la pitié, surtout quand il la mérite. -




Waterville, allée des Sentiers Fleuries. Je me souviens de notre quartier d’enfance comme si cette période, c’était encore hier. La longue ruelle, bordée d’arbres qui offraient en été, un ombrage bien profitable. Je me souviens des Stevens, qui décoraient toujours à noël leur maison. On passait devant quand on rentrait de l’école et toujours, l’on s’y arrêtait pour voir les illuminations scintiller. C’était devenu un peu au fil des ans, le rendez-vous de tous les mômes du quartier d’ailleurs. Je me souviens de cette bataille de neige épique que l’on avait fait, dans le parc, près des Nigels. Le bonhomme de neige avait tenu des mois ! Il était le centre et le trophée à remporter, pour ceux qui arriveraient à arracher le parc à l’équipe qui l’occupait. Je me souviens de ton rire, si communicatif, si joyeux, de ce bonnet rose en laine que ta mère avait tricoté, de l’odeur de la crème que tu mettais sur tes lèvres, ta peau pour ne pas qu’elle soit asséchée par le froid et le nez. C’est dingue comme parfois, des tonnes de souvenirs que l’on pensait perdus, peuvent soudainement ressurgir…

Waterville, allée des Sentiers Fleuries. Notre quartier d’enfance. Là où je vivais, avec mon père. Celui que vous craignez un peu tous, même si vous ne vouliez pas me l’avouer clairement, avec franchise. Par peur de me blesser ou sûrement parce que vous saviez que je ne vous laisserai pas parler en mal de lui. C’était un homme terrible, sévère, strict, taciturne et violent. Longuement je l’ai hais oui. Du plus profond de mon être. Je me suis mis à rêver bien des fois que je le tuais, élaborais des façons de le faire, me débarrasser de ce tyran. Poison dans sa bière qu’il aimait tant. Oreiller sur le visage pendant son sommeil. Trafiquer son Ford pick-up durant la nuit. Longuement j’ai pleuré à cause de lui. Alcoolique, violent, vulgaire. Un vieil ours, un éraflé de la vie. Combien de fois j’ai pu envier les parents de mes camarades d’école, quand je les voyais venir chercher leur enfant à la grille de notre petite cour. Les gâteaux d’anniversaire, déguisements d’Halloween, ou bien quelqu’un qui vienne vous chercher quand vous êtes malade à l’école ou blessé, avec un bisou magique de réconfort ? Ce n’était jamais pour moi. Non. Jamais. Les seules fois où il venait, c’était pour se disputer avec la directrice. Notre institutrice revenait alors souvent vers moi, son regard plein de compassion pour moi. Un enfant sent ses choses-là. Il les ressent bien plus qu’un adulte ne peut l’imaginer. Et puis les coups, quand il buvait trop, quand la solitude lui pesait trop les soirs, quand le passé revenait trop le hanter.

J’ai grandis avec lui, dans cet univers sombre, sans pitié. Il ne m’a rien épargné. Tâches ménagères, apprentissage de la vie. Je suis vite devenu une terreur aussi dans le quartier, un petit dur. Le petit teigneux qui cherche la bagarre pour un oui ou un non. Celui qui guette les autres au parc pour leur racketter leur goûter. Celui qui martyrise les plus faibles. Celui qui n’est jamais invité aux fêtes, anniversaires, barbecue le weed-end en été chez les copains. Celui qui est toujours seul dans la classe lorsqu’il faut une activité de groupe. Je crois que j’ai voulu croire que c’était ça, ma place. Que j’avais trouvé ma façon de fonctionner, d’être dans ce monde pourri. J’ai construit autour de moi, cette immense et solide carapace pour m’y blottir, m’y protéger du monde, y étouffer aussi. Et puis il y avait toi. Toujours pleine de vie, souriante, drôle. Tu semblais avoir déjà à l’époque, à mes yeux, toutes les qualités du monde. Et on t’appréciait tous pour ça. Parce que tu savais toi, regarder les autres. Tu n’étais pas comme ces petites princesses, pourries gâtées par leurs parents. Oh non. Je me souviens de la fois où tu m’avais prêté des gants, en hiver, alors que l’on rentrait de l’école. J’avais joué dans la neige, roulé les autres dedans exprès et j’avais l’onglet comme jamais. Tu as pris mes mains, tu m’as enfilé tes gants de fille, avec ton odeur dessus et tu m’as embrassé la joue. Ce jour-là, je me suis senti le maître du monde. J’ai éprouvé un bonheur comme jamais. Tu avais ce pouvoir sur les gens, ce don.

Les années ont passé, tu étais toujours là. L’une des rares à oser venir me parler, m’adresser la parole, à ne pas voir en moi, un petit vaurien qui finirait mal sa vie, sûrement en prison. Moi, je subissais en silence, ma vie. Lorsque mon père estima que j’en avais l’âge, il commença à m’apprendre la mécanique. Enfin, quand il ne faisait pas la sieste, étalé comme une grosse merde dans son fauteuil, après avoir bu plusieurs bières. J’adorais ces moment-là, avec lui. Et si au départ, je n’appréciais pas plus que ça la mécanique, j’y ai rapidement pris goût. Parce qu’il prenait le temps de m’expliquer, me montrer, parce qu’il me laissait faire, parce que nous étions enfin tous les deux. Il aimait bricoler son foutu pick-up. Et puis quelques années plus tard encore, il m’a emmené à la chasse avec lui. Ce peut-être à cette période, que j’ai compris. L’homme que je connaissais durant mon enfance, n’était pas vraiment celui qui était mon père. Il y avait quelque chose en lui que je ne connaissais pas. Une blessure, un gouffre qu’il tentait d’éviter, de fuir. La mort de ma mère peut-être. Il y avait si peu de photos d’elle. Je ne me souviens pas d’elle, j’étais trop petit lorsqu’elle nous a quitté. Jamais nous n’avons été sur sa tombe tous les deux. Et on aborda son sujet qu’en de rares occasions. Il était comme ça. Pudique peut-être, par rapport à son mal-être, ses souffrances, ses faiblesses.

Je me souviens de notre premier baiser. Nous étions dans le même collège. Toi, brillante élève, moi dernier de la classe ou pas loin. C’était dans cette vieille maison abandonnée, à l’orée du bois qui bordait le chemin qui descendait vers l’épicerie du coin. Celle-là même où nous allions tous achetés des bonbons, les derniers magazines à la mode. Le jeu était simple. Les garçons avec un foulard sur les yeux. Les filles nous faisaient tourner sur nous-même, s’assuraient que nous ne pouvions rien voir à travers les bandeaux. Puis, chacun de nous devait choisir un numéro. Ce numéro correspondait naturellement à une fille, qui avait au préalablement été tiré au sort, son numéro, indiqué par un petit bout de papier mélangé dans une casquette. Je me souviens du contact de tes lèvres. Si hésitantes, si douces. Et puis tu as retiré mon bandeau et je t’ai vu. J’ai rougi comme jamais, tu as souri. Adam Satler s’est moqué de moi, je l’ai frappé. Sa mère est venue se plaindre chez mon père le soir même. Il lui a dit d’aller sucer la queue de son beau-frère. Elle n’est jamais revenue. Le lendemain, alors qu’on rentrait du collège, que l’on marchait ensemble, comme on en avait l’habitude depuis des années, tu m’as avoué que tu trouvais ça mignon de me voir rougir. Et que si j’arrêtais de m’en prendre aux autres, alors ils finiraient par m’accepter. Mais je n’ai jamais voulu des autres. Je les enviais souvent, mais j’avais ma vie à moi.

La fin du collège est vite arrivée. Tu étais ma seule amie. Les tiennes, ne comprenaient pas pourquoi tu perdais ton temps avec moi. Dernière année difficile pour moi. Mes notes étaient misérables. Mon avenir ne semblait pas bien brillant au point de vue études. De toute façon, je n’aurais jamais eu l’argent pour en faire. Mon père ne travaillait plus depuis des mois. Il commençait à être malade. Alors tu as commencé à m’aider, à m’inviter chez toi, pour étudier ensemble, faire nos devoirs. Oh ça n’a pas été si simple. J’ai envie de sourire, quand je repense à la tête de ta mère, la première fois que tu m’as fait entrer chez toi. Elle était polie et aimable, mais j’ai bien senti qu’elle m’avait à l’œil. Une mère protectrice, douce. J’ai senti chez toi cet amour qu’il n’y avait pas chez moi. Tu avais une famille formidable. Et avec le temps, ta mère comme ton père, ont fini par m’accepter. C’est grâce à toi et toi seule que mes notes sont remontées d’ailleurs. En contrepartie, j’étais là pour te protéger. Enfin, moi j’aimais le voir comme ça. Je me sentais utile et j’avais l’impression de compter pour quelqu’un. Combien de fois tu m’as dit que tu étais assez grande pour prendre soin de toi toute seule. Femme libérée, émancipée. Encore quelques années et les émotions, les sentiments ont grandi, avec nous. Le temps des premiers amours étaient déjà passés. Moi, je ne voyais que toi. Que toi pour te faire une petite place dans mon cœur. Que toi capable de passer outre ma carapace.

Je me souviens de ce jour, où j’ai voulu avoir cette discussion avec mon père, sur les femmes. C’était durant un repas le soir. On ne parlait jamais vraiment de sujets sérieux, tout comme il était bien rare qu’il s’intéresse à ce que je faisais de mes journées, durant mes cours. Enfin, du moins, moi j’avais cette impression. Et puis je lui ai avoué. J’ai osé lui dire que j’étais amoureux. Qu’à tes côtés, je me sentais si bien, si apaisé, si vivant, si heureux, si léger. Que je voulais ton bonheur, te voir toujours plus sourire. Il m'a regardé, longuement, comme s’il venait de réaliser que j’étais devenu un homme, ou presque. Comme s’il venait de réaliser, tout ce temps qui venait de filer. Alors il s’est levé et j’ai craint qu’il m’en colle une. Sauf que cette fois-ci, il m’a pris dans ses bras, pour une étreinte. Une étreinte, un câlin, plein d’affection, de tendresse. Un câlin, que je n’avais jamais eu. Il s’est mis à pleurer et je n’ai pas su faire autrement que de l’accompagner aussi. Je n’oublierai jamais ce moment. Jamais.

Il m’en a fallu du courage pour venir un jour, tremblant comme une feuille, avec cette envie de vomir mes tripes, te trouver pour mieux te parler. T’avouer que j’étais amoureux de toi, que je n’étais pas le meilleur ami du monde, que tu connaissais sûrement des types bien mieux que moi. Tu m’as écouté, tu es restée si impassible. Je me suis senti vexé, humilié, désespéré aussi. J’ai espéré, j’ai prié intérieurement. Mais tu as gardé le silence. Alors je n’ai pas voulu attendre plus longtemps, je me suis éclipser pour rentrer chez moi. Le lendemain, tu as trouvé drôle que je ne fasse pas le bout de chemin de chez nous à notre arrêt de bus. Toute la journée, je t’ai évité, honteux que j’étais d’avoir ouvert mon cœur ainsi, ma carapace. Ce ne fut que le jour suivant que tu es venue m’attendre devant chez moi, exprès, à l’heure où nous avions notre bus. Et ce fut-là, notre premier baiser. On n’a pas parlé durant le chemin. Mais c’était pourtant là le début de notre histoire, d’un nous deux que je voulais pour toujours. On dit toujours que le premier amour est le plus puissant, le plus beau, le plus destructeur aussi. Je ne pensais pas donner un jour, raison à cet adage. Nous sommes sortis ensemble et j’étais le plus heureux. Même mon père avait remarqué combien j’avais changé. Lui était davantage malade. Mais sans assurance, pas de bons médicaments, pas d’hôpital, pas de spécialistes. De toute façon, je crois que même s’il en avait eu les moyens, il n’aurait pas fait les démarches pour se soigner.

Tu es entrée à la fac, de droit. C’était ce que tu voulais depuis toute petite. Je te voyais si bien dans le rôle d’avocate. Défendre ceux qui ne peuvent plus l’être. Ceux en qui la société ne croit plus. Ceux qui ont le droit, malgré les pires crimes qu’ils ont pu commettre. Tu n’étais pas vraiment une idéaliste mais tu avais quand même une sacrée vision du monde. J’aimais débattre avec toi. C’était trop souvent passionné, intense mais c’était si enrichissant d’échanger nos arguments, nos visions respectives. Ce n’était pas une question de remporter la manche non. Plutôt se confronter à une autre vision, à un autre chose. Et j’ai su t’avouer, difficilement mais quand même, que tu m’avais ouvert les yeux, plus d’une fois. J’aurais pu aisément basculer dans un fanatisme écervelé. De ses patriotes surarmés, qui ne réfléchissent pas plus loin que les convictions qu’ils pensent comme acquises, telles les commandements gravés dans la pierre pour Moïse. De ceux qui ne supportent pas qu’on leur démontre par A + B qu’ils ont tort. Moi j’ai commencé à chercher des petits boulots et puis rapidement, je me suis tourné vers l’armée. Heureusement, je n’ai jamais eu de casier judiciaire, malgré ce que tous m’avaient prédit pour mon futur. La séparation ne fut pas simple, c’est vrai. Toi tu étais contre, tu avais peur pour moi. Moi je craignais que notre couple ne tienne pas la distance, l’éloignement. Mon père lui fut fier. Il voyait l’occasion pour moi de gagner ma vie, me donner une bonne base. Il disait que ça pouvait être un tremplin pour construire quelque chose après. Mais que j’avais intérêt à faire attention à moi. C’était à moi de faire attention à lui.

Je suis revenu aussi souvent que possible. Toi, tu t’épanouissais dans tes études. Et puis il y a eu l’Irak. J’avais à peine 22 ans. Tu m’as détesté ce jour où j’ai dû t’annoncer mon départ. Je t’ai promis que je viendrais, entier, pour toujours plus t’aimer. Ce soir-là, durant notre petit diner intime, comme on aimait s’en faire si souvent, tu m’as demandé en mariage. Parce que tu étais comme ça. Et purée, quand tu avais une idée en tête, tu ne l’avais pas ailleurs. Alors que j’acceptais, encore sous le choc que ce soit toi qui me fasse cette demande, toi, tu avais déjà tout prévu. Comme si tu y pensais depuis longtemps. On se mariera à mon retour. Je suis parti le lendemain, pour une mission de 12 mois. On s’est beaucoup téléphoné, par skype. Je t’écrivais le plus souvent possible. Tu t’inquiétais toi toujours plus. Affecté à une équipe de secours, j’étais secouriste. C’était moi qui portait le brancard avec un autre, accompagnant le doc à bord de notre Black Hawk médicalisé. Le Médivac. Des horreurs, j’en ai vue oui, mais je n’ai jamais voulu partager ça avec toi. J’étais comme ça, toujours à te préserver autant que possible. Toi, tu t’énervais quand j’étais comme ça. Déjà qu’il t’avait fallu un temps fou pour parvenir à me faire parler un peu de moi, de mes sentiments, de celui que j’étais vraiment.

Notre mariage fut simple mais magique à mes yeux, à tes yeux. Je n’oublierai jamais ce bonheur inscrit sur ton visage, dans tes yeux pétillants. Il y avait très peu d’invités mais nous étions heureux. Mon père t’appréciait tu sais. Beaucoup. Il me disait souvent que tu étais celle qu’il me fallait, que je devais prendre soin, profiter de nous, notre vie. Qu’il fallait vivre chaque instant comme le dernier. On a emménagé à Augusta, dans un petit appartement. Tu rêvais d’acheter une maison toi, à Waterville. Mais pour ton travail, Augusta offrait plus d’opportunités. Je reconnais que de mon côté, j’ai eu du mal à me faire à ce changement. Mon père était toujours plus malade. J’essayais d’aller le voir aussi souvent que possible. C’est grâce à une connaissance à toi, que j’ai pu trouver un boulot comme mécanicien dans un garage. Tu aurais pu trouver tellement mieux que moi pour t’accompagner dans la vie. Et puis au fil des mois, la santé de mon père s’est dégradée. On a fini par le faire hospitaliser. J’allais le voir tous les jours. C’est durant ces jours que j’ai appris à enfin le connaître. J’ai redécouvert mon père. Lui savait ses jours comptés. Moi je refusais de l’accepter. J’ai voulu qu’il se batte. Le cancer était le plus fort. Il a enterré, quelques semaines plus tard, à Waterville, avec ma mère. Ils étaient à nouveau enfin réunis. C’est ce qu’il avait toujours espéré. Nous aurions pu alors nous installer dans sa maison. Mais tu as accepté, mon souhait de ne pas vivre ici. Pas dans cette maison qui me rappelait mon enfance. Ce père que j’avais tant détesté et qui désormais me manquait tant. De tous ces souvenirs gravés dans les murs. Alors on l’a vendu, elle ne valait plus grand-chose de toute façon.

Je ne l’ai pas vu venir, ni toi d’ailleurs. La dépression. Le médecin nous expliqua que c’était courant, un peu un choc comme la perte d’un être cher. Sa mort ne fut pas que difficile à supporter. Elle raviva en mois les souvenirs de ce que j’avais vécu en Irak. Les morts, les blessés, la peur, le stress, les cris. Je me suis enfermé à nouveau dans ma bulle, plongé dans la dépression. Tu t’es battue pour moi, avec moi. Toujours là quand j’avais besoin de toi. Comme mon ange gardien. Tu as tout fait pour m’aider à aller mieux et c’est grâce à toi qu’au fil des années, j’ai trouvé la force de remonter la pente. Toi, tu étais devenue une brillante avocate. Moi je n’étais personne. J’avais toujours su que tu réussirais dans la vie, que tu ferais de belles choses. J’ai toujours cru en toi, depuis le premier jour. Et toi, tu as toujours cru en moi. Peut-être bien la seule même. Tes parents aussi ont été formidables avec moi, avec nous. Et puis on a parlé bébé. Ton désir de donner la vie, le mien d’être père. Tu avais déjà un bon poste et tu étais prête à mettre ta carrière en parallèle pour ce projet bien plus enrichissant. Ce fut une épreuve pourtant, bien plus que l’on ne s’y attendait. Peut-on seulement être prêt pour ça ? Impossible de concevoir un enfant. Tu as fini par désespérer malgré nos essais, nos tentatives, notre désir toujours intact pour créer notre famille à nous. C’est la première fois que je t’ai vu autant atteinte, bouleversée. Ce désir venait du plus profond de toi et ça, je le comprenais réellement. Alors on a consulté, fait des tests. Le diagnostic était sans appel. Tu ne pourrais jamais avoir d’enfant. Ta vie sembla s’écrouler pour toi. J’ai essayé d’être là pour toi mais je n’aurais jamais pu être à ta place, endurer ce que tu endurais. Pourtant moi j’aurais tout donné pour prendre sur moi, tout ton mal. Mais une fois encore, ensemble, nous avons su remonter la pente. C’était ça notre don, notre force : notre duo. Le fait qu’à nous deux, l’on pouvait tout faire, parvenir à tout. Quand tu n’allais pas bien, j’étais là pour te soutenir, prendre soin de toi. Quand c’était à mon tour, je pouvais compter sur toi. Et puis, nous pouvions adopter, recourir à une mère porteuse. Nos solutions n’étaient pas au point mort.

On a attendu deux ans avant de faire la démarche pour l’adoption. Faut dire que c’est un parcours du combattant, qui n’a rien à envier à celui que j’ai connu durant ma formation à l’armée. Pour autant, tu avais une bonne situation, stable. Et puis moi aussi je travaillais. Cette aventure, c’était la nôtre de toute façon et personne n’aurait pu nous dissuader d’aller jusqu’au bout. Alors on s’est battu, toi et moi, encore et encore, contre les administrations, les visites, les démarches. Encore deux longues années à espérer. Jusqu’à ce jour où j’ai reçu cet appel du tribunal. Tu avais fait un malaise, on t’avait conduite à l’hôpital. J’ai tout quitté en quatrième vitesse. Un simple coup de fatigue, de stress que le médecin a diagnostiqué. Je t’ai ramené à la maison le soir, pour toujours mieux prendre soin de toi. Mais la fatigue n’est jamais passée. Tu n’as pas voulu consulté pendant plusieurs jours, ne voulais pas que je m’inquiète pour rien. Bornée que tu pouvais être quand tu t’y mettais. Et dire que tu me faisais ce même reproche. L’hôpital qui se fou de la charité. Sauf que j’ai fini par t’emmener faire des examens. Le monde s’est effondré pour moi, pour la seconde fois. Une maladie sanguine. Je t’ai veillé durant plus de deux semaines. J’ai prié, longuement, que les médecins te guérissent. J’aurais donné ma vie pour toi sans hésiter une seule seconde. Mais tu as fini par t’éteindre, toi aussi. Tu m’as fait promettre de vivre pour moi, d’être heureux, de continuer à être l’homme dont tu étais amoureuse. Celui au grand cœur mais qui n’aime pas l’afficher. Ce bourru qui sait se montrer affectueux, charmant, protecteur. De laisser vivre cet enfant sensible et touchant qui se cache en moi.

Sauf que moi, j’étais tout seul. Le vide que tu as laissé dans ma vie à partir de ce jour n’a fait que s’agrandir. On a dispersé tes cendres, à Waterville comme tu l’avais souhaité. Je n’ai pas su, pas pu accompagner tes parents dans leur deuil. Les voir tant souffrir était trop dur pour moi. Comme je ne voulais pas de leur aide. Honteusement, je me suis laissé sombrer. L’alcool d’abord. La dépression, le chagrin. Je voulais mourir. Te rejoindre. J’ai trop souvent pensé à la mort, à en finir. Et puis lâchement, j’ai renoncé. Encore et encore, à chaque fois. Alors je me suis retrouvé à errer, entre cette haine de moi-même, à ne pas être capable d’aller jusqu’au bout, cette douleur de t’avoir perdu, d’avoir vu nos rêves s’éteindre. J’ai rapporté tes affaires, chez tes parents. Et puis j’ai vendu notre appartement. Je ne pouvais plus rentrer chez nous sans toi, rester à errer comme un damné dans notre nid douillet sans toi. Ressentir ta présence partout, raccroché à nos souvenirs, tout autour de moi. J’ai préféré vivre dans la rue, devenir une épave. A boire dès que je le pouvais, m’enivrer la tête. J’attendais simplement que la mort veuille bien de moi, à son tour. Je n’étais plus rien, ni personne.

Et un jour, cet homme se penche au-dessus de moi, me secoue assez pour s’assurer que je respirais toujours. Il avait dans son regard, la même douceur que toi, le même amour de l’autre. Plein de gentillesse, d’attention pour ceux que personne ne remarque plus, ne veulent plus voir. Il m’a demandé si j’allais bien, je l’ai envoyé chier sèchement. Mais il ne s’est pas démonté pour autant. Bien au contraire. C’est lui qui m’a forcé à me lever, à marcher un peu en me soutenant. Là, il m’a conduit dans un café, pour m’offrir un petit déjeuner chaud. La nuit avait été rude, froide. Depuis des années que je vivais dans la rue, c’était le premier à faire ça pour moi. Il m’a regardé mangé, boire un café chaud, puis un second. Il n’a pas cherché à me faire la morale comme beaucoup se plaisent à le faire. Non. Il a juste été là, à côté de moi, prêt à m’écouter. Mais je n’ai rien dis, rien d’autre que pour simplement le remercier. Puis il m’a donné une carte. Celle d’un groupe qui se réunit, chaque vendredi soir. Un groupe où je pourrais parler, où je pourrais trouver de l’aide. Là encore je l’ai envoyé chier et je suis parti. Mais après deux semaines à passer les nuits dehors, en plein hiver, je me suis décidé à y aller. Peut-être cette volonté inconsciente en moi de survivre. Je ne sais pas. J’ai assisté à la réunion. J’ai écouté, sans parler. Puis je suis partie. Et j’ai recommencé ce petit manège, semaine après semaine. Cet homme était là, à chaque fois. Et à chaque fois, il venait me saluer, s’assurer de me faire, ressentir, qu’il était là pour moi, si j’en exprimais le besoin. Sa main tendue, prête à me tirer de mon enfer. Ce fut long. Il usa d’énormément de patience avec moi. Parce que oui, comme tu aimais à me le dire quand on se disputait, je suis bel et bien un sale con.

J’ai fêté grâce à lui, ma première année sans toucher à l’alcool. Il a toujours été là pour moi, comme tu l’étais toi aussi avant lui. Malgré mon caractère, mes rechutes, mes angoisses, même en pleine nuit, il s’est toujours montré disponible. Il a été là quand je me suis retrouvé à l’hôpital après m’être battu, il a été là pour venir me chercher lorsque j’étais au plus mal, afin que je ne passe pas la nuit seul. Il m’a aussi accompagné, dans ma découverte de la foi. Dire que je détestais ça avant. Avec lui pourtant, ce que je lisais dans la Bible, les sermons que j’écoutais, avaient un sens. Parce que cet homme incarnait tout cet amour pour son prochain, parce qu’il donnait sans attendre, parce qu’il était plein de compassion. Aujourd’hui, je lui dois cette nouvelle vie qui me fut offerte. Je recommence tout à zéro, j’en ai conscience, tout comme je sais que la vie me réserve encore bien des épreuves. Mais je suis prêt à les affronter désormais. Il m’a fallu des années pour me remettre de tout ça, réussir à remonter à nouveau la pente. Je me suis mis au sport, pris soin de moi, de mon corps. Petit à petit. Notamment avec la musculation. Une bonne hygiène de vie demeure importante si l’on veut être capable d’avancer sereinement, d’entreprendre des améliorations pour son avenir. J’ai repris quelques études aussi, étudié la poésie. Puis je suis retourné vivre à Waterville, dans un petit appartement. Souvent, je songe à la maison dont tu rêvais, ici, proche de ta famille, de notre enfance. Aujourd’hui, je bosse dans un petit garage comme mécanicien et je suis bénévole pour une association qui vient en aide aux personnes dépendantes à l’alcool. Je suis un parrain, disponible pour celui qui aura besoin de soutien, d’une épaule contre laquelle s’appuyer. J’aide autant que possible, à l’image de celui qui a été là pour moi quand j’en avais le plus besoin. Oh bien sûr, ce n’est pas simple ni facile tous les jours, loin de là. Mais je veux profiter de cette force que l’on m’a donné pour avancer et donner. Partager ce que l’on m’a donné. Je sais que tu serais fier de moi comme tu l’as toujours été. Que tu n’aurais pas accepté de me voir plonger aussi bas sans que je me batte. Et si aujourd’hui, je fais tout ça pour moi, c’est aussi pour toi. Tu me manques tellement Sarah si tu savais. Je t’aime et t’aimerai toujours.



CELSIUS


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Nom céleste : Denyra
Fonction : Ange de la Discipline
Nationalité : Américaine
Âge : Âgée
Profession : Instructrice
Lieu de résidence : The Gates
Orientation sexuelle : Hétéro
Ven 29 Déc 2017 - 9:04
 
Bienvenue Noah cheers

Un personnage que j'attendais avec impatience et que j'accueille avec joie
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Invité
Invité
Invité
Ven 29 Déc 2017 - 10:43
 
Bienvenue à toi. cheers
Mazette, tu as failli me faire pleurer.
Il fa ut bien un ange pour s'occuper de celui-là ^^
Invité
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Luna Knut
Alpha de la Meute
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Nationalité : Américaine
Âge : 27
Profession : Professeure des écoles
Lieu de résidence : Waterville
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle
Ven 29 Déc 2017 - 10:45
 
Bienvenue avec ce nouveau compte! ^-^


I'm a white wolf and i'm so fucking hot !
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Nom céleste : Denyra
Fonction : Ange de la Discipline
Nationalité : Américaine
Âge : Âgée
Profession : Instructrice
Lieu de résidence : The Gates
Orientation sexuelle : Hétéro
Ven 29 Déc 2017 - 10:53
 
@Débora a écrit:
Bienvenue à toi.  cheers
Mazette, tu as failli me faire pleurer.
Il fa ut bien un ange pour s'occuper de celui-là ^^

C'est prévu, il ne restera pas seul longtemps Wink
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Jezabel
Administratrice
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Fonction : Surveillance Générale
Ven 29 Déc 2017 - 10:56
 
C'est la première fois que je tente à nouveau d'incarner un personnage masculin. Je suis clairement pas douée pour ça mais on va voir cheers
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Nationalité : Française
Âge : 23 ans
Profession : Ecrivain
Lieu de résidence : Waterville
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle
Disciple de : Auriel (Joshua)
Ven 29 Déc 2017 - 10:56
 
Hello ! Bienvenue parmi nous. (à nouveau mais on se comprend hein Wink )

On dirait bien que tu fais une heureuse. Ce sera un plaisir pour Ayane de te rencontrer une fois à The Gates jeune futur disciple. cheers



My angel

Tu es insupportablement attirant, insupportablement énervant et insupportablement sûr de toi... Mais c'est pour ça que je ne pourrais jamais te quitter.
©️ Joy
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Invité
Invité
Invité
Ven 29 Déc 2017 - 11:00
 
Bah pour quelqu'un qui n'est pas doué, tu le campes bien ton bonhomme.
Je me doute bien qu'il ne va pas rester seul, avec un Ange qui lui tourne déjà autour...^^
J'espère que vous allez bien vous amuser toutes les deux.
Invité
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Invité
Invité
Invité
Ven 29 Déc 2017 - 11:25
 
Bienvenu dans le club des écorchés de la vie. Je te proposerais bien de boire un coup mais ça serait pas cool.

Hâte de voir ce que ça va devenir cette histoire ^^. En tout cas tu incarne bien le mâle Wink
Invité
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Invité
Invité
Invité
Ven 29 Déc 2017 - 12:27
 
Re bienvenue avec ce nouveau personnage Wink Amuse-toi bien avec celui-ci ^^
Invité
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Nom infernal : Légion
Fonction : démon de l'effroi
Nationalité : Américain
Âge : Né en même temps que le Paradis
Profession : Parrain de la pègre
Lieu de résidence : Pandémonium
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Ven 29 Déc 2017 - 14:33
 
Un futur disciple ?!

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Lucifer
Fondateur
avatar

Fonction : Démon de la séduction
Âge : Né lors de la création du Paradis
Lieu de résidence : L'Enfer
Ven 29 Déc 2017 - 15:43
 
Bonjour Noah,

Ta fiche est-elle terminée ? Je pense que oui mais je préfère demander.
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avatar
Nom infernal : Angor
Fonction : Démon de la violence
Nationalité : Américain
Âge : 45 ans
Lieu de résidence : Pandémonium
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Ven 29 Déc 2017 - 16:08
 
Bienvenue ici bas !
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avatar
Nom infernal : Nessaya
Fonction : Démone du désespoir
Nationalité : Suédoise
Âge : 24 ans en apparence
Profession : Médecin du Pénitencier
Lieu de résidence : Pandemonium
Orientation sexuelle : Bisexuelle
Ven 29 Déc 2017 - 16:09
 
Ah oui elle est terminée désolée Laughing


despair never looked so good
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Noah Foster
Newcomer
avatar
Nationalité : Américaine
Âge : 31 ans
Profession : Mécanicien
Lieu de résidence : Waterville
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Ven 29 Déc 2017 - 16:19
 
Merci à tous et à tous pour votre accueil en tout cas cheers


.
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Invité
Invité
Invité
Ven 29 Déc 2017 - 18:26
 
Noah

Ta fiche est simplement topissime. Ton caractère est bien équilibré et explicité . Ton histoire est humaine, pleine de sensibilité et bien sûr bien écrite.

Je t'ouvre donc les portes du forum avec plaisir. Tu connais la maison donc fais comme chez toi. cheers
Je pense que tu es attendu, alors bon jeu et au plaisir de te lire.



Invité
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Invité
Invité
Invité
Mar 2 Jan 2018 - 16:03
 
Pour le cowabunga...

Spoiler:
 

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