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Caleigh D. Horvat

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Caleigh D. Horvat
Médecin

Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 19:31






Caleigh D. Horvat




- God knows what is hiding in those weak in sunken eyes a fiery throng meerly of muted angels giving love and getting nothing back-



Appartenance



• Solitaire



Rang dans la hiérarchie



• Solitaire





Identité


Âge apparent : 33 ans

Date de naissance : 25/09/1984

Nationalité : Hongroise par le père, Américaine par la mère.

Situation familiale : Célibataire

Profession : Médecin

Orientation sexuelle: Hétéro.

Particularité(s) : Elle a une ouïe fine, méfiez-vous.

Avatar : Olivia Wilde



Qualités



• Optimiste • Intelligente • Tolérante




Défauts



• Susceptible • Têtue • Méfiante




Anecdotes



Saviez-vous que certains hommes trouvent ultra-romantique de se promener main dans la main les soirs de pleine lune ? Non, ben maintenant vous savez et vous apprendrez également qu'ils sont très susceptibles quand on leur explique que c'est un cliché ennuyeux ! Il me fallait bien une excuse pour éviter la scène où d'un seul coup, au lieu d'une jolie brune, il se retrouve main dans la patte d'une bête immense...

Le raton-laveur à un goût immonde, mais le lièvre et la loutre se mangent sans problème. L'écureuil à un goût de noisette assez savoureux également. Je vous déconseille le porc-épic, ses épines font des ravages sur le museau.







Caractère


Caleigh est une jeune femme déterminée, qui ne se laisse pas abattre facilement ou du moins, pas sans avoir épuiser les moyens de redresser les épaules. Malgré cela, elle aime la solitude, n'a pas besoin des autres pour exister. Elle ne cherche pas l'approbation, la reconnaissance. Elle a depuis longtemps fait le deuil du paraître, du faire-paraître. Elle se montre sans complaisance envers elle et les autres. Certes, elle respecte ses aînés, elle ne rabaisse pas la jeunesse mais elle n'a pas pour habitude de cacher ce qu'elle pense, de taire ses critiques pour ne pas s'attirer des ennuis ou des inimitiés.

Elle est excessive. Pas tout le temps, pas souvent non plus, mais dans sa manière d'agir, d'être. Le tout ou rien est souvent de mise. Elle peut pendant des jours voire des semaines entières se laisser griser par une chose et du jour au lendemain, lui tourner le dos, l'oublier. C'est sans doute là son plus grand défaut. Sa constance s'essoufle avec le temps.

Elle peut avoir des réactions violentes lorsqu'elle est contrariée, lorsqu'elle est désemparée ou poussée dans ses derniers retranchements. Elle n'a jamais frappé personne mais a du remplacer souvent des bibelots ou autres objets de décoration pour les avoir brisés dans un accès de colère. Son impulsivité la pousse souvent à commettre des actes irréfléchis qu'elle regrette parfois ou pas. Elle peut s'interposer dans une dispute sans penser qu'elle risque de se prendre un coup. Elle peut relever un pari, même stupide, juste parce qu'elle aura été provoqué, mise au défi.

Elle se voit et s'espère comme quelqu'un d'entier, quoi qu'elle dise ou fasse. Elle a ses qualités et ses défauts. Elle ne s'aveugle pas sur elle-même ni sur les autres. Elle n'a d'orgueil que celui de croire se connaître bien et elle prend de la vie les meilleurs côtés, restant optimiste et confiante parce que déterminée à atteindre une forme de bonheur, de sastifaction personnelle.

Naturellement méfiante, elle est difficile à convaincre, à tromper. Elle ne se fie jamais à autrui ou plutôt jamais pour des choses importantes. Elle a un bon instinct sur les êtres, les situations, et s´il lui arrive de le remettre en question, de laisser le bénéfice du doute, elle le conservera toujours dans un coin de sa tête. Pour elle, c´est autant un moyen de défense qu´une question de survie. Être trop ouverte, trop accessible vous rend vulnérable et elle déteste se sentir faible et impuissante.





Physique


Jolie brune d'1m71, Elle démarque surtout par son regard qui vous transperce et vous refroidit parfois bien mieux que n'importe quel mot. Elle se classe dans la moyenne humaine, c'est-à-dire qu'elle ne vous fait pas tourner la tête en la croisant dans la rue, mais qu'elle peut attirer votre regard malgré vous. Plutôt féminine, elle porte essentiellement des vêtements dans lesquels elle se sent à son aise : jean, t-shirt, chemise pas trop cintrée, etc. Mais elle peut faire des efforts de toilette si elle veut.

Sous sa forme de lycan, elle mesure deux petits mètre à peine. Son pelage prend des tons cognac quand le bleu de ses yeux devient plus intense. Elle en a vu de plus effrayant qu'elle, mais elle n'a pas à rougir.







Derrière l'écran


Pseudo : Cal'

Vous certifiez avoir 18 ans ou plus : Oh, oui !

Sexe : Féminin

Fréquence de connexion : Tous les jours ou presque, mais pas forcément une réponse rp à chaque connexion.

Personnage inventé, Scénario ou Poste vacant ? Inventé.

Comment avez-vous connu le forum ? Ancien membre

Un petit mot ? I need you Smile





Celsius




Dernière édition par Caleigh D. Horvat le Sam 23 Sep 2017 - 23:35, édité 3 fois
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Caleigh D. Horvat
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Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 19:31





Votre histoire



"Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté."





De Budapest à Denver
25 septembre 1984 – 07 janvier 1994 :

L'accouchement par césarienne était prévu de longue date et indispensable pour mes parents. Ils n'imaginaient pas faire l'impasse sur la médecine et prendre le risque de perdre la mère ou l'enfant. Un obstétricien, un anesthésiste et plusieurs infirmières accoucheuses étaient présentes dans la salle d'opération, prêts à réagir au moindre problème mais il ne s'en produisait aucun. Quelques minutes après l'incision, j'étais sortie du ventre de ma mère, enveloppée et posée sur son sein quelques secondes avant d'être emmenée sous la surveillance de mon père pour les différents tests qui suivent une naissance. J'ai beaucoup de souvenirs de mon enfance. Je me souviens parfaitement des éclats de rires qui résonnaient dans notre maison, des odeurs alléchantes qui s'élevaient depuis la cuisine, de l'atmosphère chaleureuse qui régnait dans chaque pièce. Mes parents étaient des gens simples, avec des revenus modestes, mais ils prenaient de la vie le meilleur côté, voyant toujours le verre à moitié plein là où d'autres le considéraient à moitié vide.

Pour comprendre qui je suis, il faut comprendre qui ils étaient. Mon père était hongrois. Un ouvrier métallurgiste, travaillant principalement à l'assemblage des structures d'acier dans le bâtiment. Un homme franc, honnête et travailleur. Ma mère était américaine. Elle était étudiante en histoire et se trouvait en Hongrie pour une année scolaire lorsqu'elle a croisé le regard de mon père. Pour beaucoup, hormis leurs origines, ils étaient aussi différents que le jour et la nuit. Ils ne s'en complétaient pas moins pourtant et à la fin de son second semestre d'études, elle choisissait de rester auprès de lui. Il lui a été difficile de se faire une place `à Budapest. Elle était accueillie dans la famille Horvat après avoir rencontré mon grand-père, mais elle ne s'y sentait pas totalement à son aise, étrangère malgré tout. Ma naissance a aidé, dans une certaine mesure, à son intégration. Elle avait un lien de sang qui la rattachait à l'un d'entre eux, pas seulement une bague et un acte marital.

A la chute du rideau de fer, beaucoup de Hongrois décidaient d'immigrés vers l'Ouest. En quête de travail, d'une vie meilleure pour eux ou leurs familles, en quête de découvertes aussi. Mes parents avaient longuement hésité avant de franchir le pas, avant de quitter leur famille. Les États-Unis étaient leur destination et si ma mère était convaincue que mon père serait bien accueillit par ses parents et sa famille, mon père savait que ce ne serait sans doute pas aussi simple. Je n'avais que six ans lorsque nous sommes arrivés sur le continent nord américain. Une petite fille espiègle, pleine de vie et téméraire. Je n'avais jamais vu de bâtiments aussi hauts que ceux que je voyais alors en débarquant à New-York et je levais les yeux toujours plus hauts vers le ciel pour pouvoir les contempler, impressionnée.

Nous ne vivions qu'une année à New-York avant de prendre la route du Colorado dont ma mère était originaire. Je l'écoutais avec fascination parler des montagnes, des anciens territoires indiens, des ours sauvages et des chercheurs d'or qui avaient vécu là-bas. J'étais curieuse de découvrir à quoi ressemblaient ses parents, s'ils étaient tels qu'elle les décrivaient. J'étais inquiète de l'accueil qui nous serait fait par la famille qu'elle avait quitté pour partir étudier en Hongrie. Mon père se montrait rassurant, mais je voyais bien qu'il était nerveux lui aussi et je savais comment ça s'était passé pour ma mère.

La neige recouvrait tout, le soir où nous avons rencontré mes grands-parents maternels. J'avais un gros manteau en laine sur le dos et l'air qui s'échappait de mes lèvres formait un nuage blanc à chaque respiration. Accrochée à la jambe de ma mère, j'écoutais les paroles qu'échangeaient les adultes sans tout comprendre. Il était question de respect, de responsabilités aussi. Rien qu´une enfant de mon âge pouvait trouver intéressant. Nous avons souper chez les parents de ma mère ce soir là. La mienne riait beaucoup, encore plus que d'habitude. Mon père semblait content et discutait avec mon grand-père de son travail, de son pays. La seule chose qui retenait mon attention, c'étaient les éclairs au chocolat du dessert.

Denver - Colorado
08 janvier 1994 – 25 mai 2004 :


C'est dans les alentours de Denver que notre foyer s'installait. Mes parents trouvaient du travail en ville, lui comme ouvrier et elle comme professeur d'histoire. J'avais fréquenté l'école à Budapest et à New-York. Je n'avais pas peur d'aller à celle de Denver et je savais ce que je pouvais dire ou ne pas faire en public. Il y avait d'autres enfants de ma famille et dès que j'avais un souci, que j'étais embêtée, je les voyais accourir vers moi pour me protéger ou m'aider. C'était rassurant, mais avec le temps, en grandissant, je trouvais ça étouffant aussi parfois. Avoir des cousins et des cousines était nouveau pour moi. Ils avaient toujours un avis sur tout et sur tout le monde, qu'ils aimaient partager même quand je ne demandais rien. Grandir au sein d'une grande famille, c'était grandir en même temps que les autres enfants aussi, et il arrivait un moment où dans l'adolescence où les sentiments exacerbés brouillaient tout, mêmes les amitiés.

Être aimée par ses proches et savoir se défendre, ça n'était d'aucune aide dans les relations amoureuses. Il n'y avait pas de mode d'emploi pour ces choses là. Expliquer que je ne partageais pas les sentiments du jeune homme qui me déclarait sa flamme était la pire situation dans laquelle je m'étais jamais trouvée. C'était encore plus compliqué quand au lieu de me prendre à part pour en parler seul à seul, il s'était entouré d'amis pour trouver son courage. J'étais incapable, même pour ne pas l'humilier devant eux, de mentir. Je ne pouvais pas faire semblant d'hésiter ou de vouloir y réfléchir quand je savais que je ne l'aimais pas. C'était vexant à entendre pour lui. C'était risible pour ses amis et pour moi, c'était juste mortifiant de le voir virer rouge de colère en menaçant que j'aurais des regrets avant de me traiter de pauvre fille. J'avais treize ans, merde ! Cette histoire me marquait tellement qu'encore aujourd'hui, je fuis les sentiments comme la peste.

A partir de là, je prenais le parti de me montrer discrète, de ne pas attirer l'attention sur moi. J'évitais de prendre part aux conflits, de ramener ma science, de donner mon avis si je n'y étais pas obligée. Je restais dans mon coin et j'observais ce qui se passait sous mes yeux, n'intervenant que si on me le demandait ou que je ne pouvais pas agir autrement. Je voyais se rapprocher à grand pas la fin de mes années collège avec soulagement. J'étais bonne élève et je rêvais d'université. Je voulais étudier la médecine. Je me voyais déjà partir loin de Denver, du Colorado, de la famille pour vivre la grande aventure avec mon sac sur le dos. Je devais me contenter de l'université de Denver, faute de moyens financiers pour m'envoyer plus loin. Je faisais contre mauvaise fortune bon cœur. Nous n'étions plus que quelques-uns dans la famille à poursuivre nos études et j'étais consciente que si je le pouvais, c'était parce que j'étais enfant unique et chérie par mes parents.

Je voulais les rendre fiers de moi en réussissant à obtenir mon diplôme. Je me montrais assidue à l'université et je trouvais un petit emploi de serveuse dans un bar hors du campus pour assurer mon argent de poche. Il me permettait aussi de côtoyer les autres étudiants hors des cours à défaut de vivre sur le campus. Je me consolais en pensant que je n'étais pas la seule étudiante à vivre encore chez papa et maman et que cela comportait quand même certains avantages. J'étais bien nourrie, bien logée, dorlotée, encouragée, etc.

La première année de faculté de médecine n'était pas la plus palpitante à suivre. Beaucoup de cours généraux assez peu distrayants qui servaient à écumer les bancs des auditoires pour ne garder que les médecins dans l'âme. Je n'étais pas la meilleure, pas la pire non plus et je pouvais poursuivre mes études sans être la proie du doute. Avec de la volonté, de l'assiduité et de la concentration, je pouvais réussir mon cursus, j'en étais convaincue. Le cycle pre-clinical achevé, je pouvais profiter de quelques semaines de répit avant d'entamer le cycle « clinical » qui consistait en une formation pratique en observant ou en assistant les médecins dans un centre hospitalier universitaire. C'était durant cette pause estivale que je partais en trek pour gravir le mont Evans et atteindre son point culminant à 4347 mètres d'altitude. Un projet qui me tenaillait depuis longtemps et que j'avais enfin l'occasion de réaliser sans que mes parents y trouvent à redire. Avec le recul, ils s'en sont sans aucun doute mordu les doigts, mais sur le moment, ils n'avaient aucune raison de me retenir à la maison.

L'ascension durait trois jours, avec ses bons et ses mauvais aspects. Pour les bons, je retenais le paysage à couper le souffle, l'air pur, l'impression de liberté que peut inspirer la nature, l'absence de civilisation, la fatigue saine qui vous assaille en fin de journée. Du côté des contres, on retiendra l'oxygène qui se fait plus rare, les bruits nocturnes qui vous empêchent de fermer l’œil et les muscles endoloris qu'une rivière glacée ne peut vraiment pas soulager. Mais cela valait vraiment la peine quand au sommet, la vue était spectaculaire ! La rumeur prétendait qu'on pouvait voir jusqu'à 170km de distance depuis celui-ci. Le guide nous désignait un autre sommet comme celui de Pike's Peak en le prétendant en tout cas. Si loin et si proche à la fois... Tout comme Echo Lake vers lequel on devait se diriger en redescendant la montagne deux heures plus tard. La tente plantée, le feu allumé et le repas avalé, notre groupe avait droit à quelques histoires au coin du feu  jusqu'à ce que le soleil disparaisse et laisse place à la lune pleine. Son reflet sur la surface de l'eau était magique et fascinante. A des milliers de kilomètres, sa lumière était toujours intense...

Au cours de la nuit, des déflagrations venaient interrompre mon sommeil. Je ne sortais pas la tête de la tente comme la première nuit. D'après notre guide, bien que ce ne soit pas la saison, certains chasseurs ne pouvaient s'empêcher de pratiquer leur loisir préféré, mais il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Le retentissement était fort, ils n'étaient pas à proximité, assurait-il. Je mettais un certain temps à retrouver assez de sérénité pour replonger dans le sommeil quand une respiration bruyante m'en tirait aussitôt. Nerveuse, je tendais l'oreille en soulevant les paupières. Une ombre planait derrière la toile de la tente, gigantesque. Un ours, à n'en pas douter. Sous mon sein, mon coeur s'emballait malgré moi et je restais figée par la crainte autant que la nécessité de ne pas me faire remarquer. La bête s'éloignait de quelques pas jusqu'à disparaître de ma vue et je poussais un soupir de soulagement. J'attendais encore quelques instants avant d'oser me redresser et ouvrir la tente pour jeter un coup d'oeil à l'extérieur. Nulle trace de l'animal. Il avait du s'en aller comme il était venu et je quittais la tente pour approcher du bord de l'eau.

J'y plongeais les mains et les inondais pour m'asperger le visage d'eau glacée quand de nouveaux coups de feu déchiraient le silence nocturne. Et si c'était cet ours que les chasseurs traquaient ? Inquiète, je me relevais pour retourner sous ma tente quand, entre elle et moi, je repérais la bête.    Je faisais un pas sur le côté en sentant son regard peser sur moi et déglutissais péniblement en la voyant se redresser sur ses deux pattes arrières. Elle était déjà impressionnante sur les quatre, mais je devais lever le visage pour pouvoir surveiller sa mâchoire. La panique m'envahissait sans prévenir et je prenais mes jambes à mon coup pour fuir. Je m'enfonçais dans la forêt, espérant trouver un arbre aux branches suffisamment basses pour me permettre d'y grimper. Plusieurs de mes tentatives étaient avortées et derrière moi, les grondements sourds que je percevais me pressaient d'angoisse.  Ma main se resserrait enfin sur la branche d'un arbre que je pouvais gravir quand une patte énorme me frappait l'épaule et m'envoyait au sol brutalement. Je roulais sur le dos en grimaçant, tentait de ramper sur les fesses en la voyant s'approcher lentement. Mes doigts rencontraient un caillou, s'y accrochaient et je le balançais sur la bête pour la chasser. Mal m'en prenait car non seulement, cela ne lui faisait rien, mais en plus, elle le prenait mal et fondait sur moi comme sur une proie.

Deux semaines plus tard, je me réveillais sur un lit d'hôpital sans comprendre tout de suite ce que j'y fabriquais ni comment j'y étais arrivée. Mes parents à mon chevet avaient des cernes sous les yeux et les traits tendus par l'angoisse. Je les avais rarement vu dans un état pareil et je me sentais coupable. Des informations qu'ils me donnaient, de celles du médecin qui s'occupait de moi, j'apprenais que j'avais été attaquée par un ours durant mon trek et retrouvée au petit matin, en hypothermie et l'abdomen lacéré. Le guide avait appelé des secours et j'avais été transportée en hélicoptère jusqu'à Denver où on m'avait plongé dans un coma artificiel après m'avoir opéré. Selon le médecin et mes parents, c'était un miracle que j'en sois sortie vivante avec la blessure que l'animal m'avait infligé. La météo nocturne avait sans doute jouée... Une semaine après, je pouvais quitter l'hôpital et terminer ma convalescence à la maison avant de reprendre le chemin de l'université dans quelques semaines.

Cela aurait pu n'être qu'un incident oublié facilement, ne laissant qu'une angoisse éphémère quant à l'idée de passer une nuit en pleine nature à nouveau. Sauf qu'à la pleine lune suivante, je me tordais de douleur avec l'impression que mon corps entrait en fusion, que mes os se disloquaient les uns après les autres, que chaque bruit, chaque son qui parvenait à mes oreilles résonnaient sous mon crâne comme si je me trouvais sous la cloche d'une église. C'était insoutenable et pendant un maigre répit, je sortais dehors pour trouver l'air frais, ayant la sensation de suffoquer à l'intérieur. La douleur revenait, insoutenable, et je m'effondrais dans l'herbe en gémissant, en hurlant, regrettant d'avoir assuré à mes parents que je pouvais rester seule le temps pour eux de passer une bonne soirée au restaurant... Combien de minutes à vouloir mourir pour ne plus souffrir ? Combien d'heures à espérer que tout s'arrête ? Quand la douleur s'estompait, quand ma conscience reprenait le dessus, je courais à perdre haleine à travers les bois, humant l'air, percevant chaque odeur, chaque mouvement, chaque bruit comme jamais auparavant.

Là, d'un buisson surgissait un lièvre couleur crème que je coursais avec l'impression d'entendre son coeur palpiter sous sa fourrure avant de le perdre quand il plongeait dans sa tanière. Plus loin, un lac vers le bord duquel j'approchais pour me désaltérer, mais me penchant sur la surface de l'eau, ce n'était pas mon visage que je croisais. Deux prunelles me fixaient avec une expression familière alors qu'elles m'étaient étrangères. Un museau allongé, une mâchoire puissante et des poils sur tout le visage... Je levais une main vers ma joue, voyant ce reflet faire de même et poussais un cri d'effroi qui se transformait en un hurlement de loup. Qu'étais-je devenue ?! Je tentais de me fuir moi-même en partant en courant et du reste de la nuit, je ne me souvenais de rien quand au petit matin, je m'éveillais nue et transie de froid dans le bois juste derrière le jardin de la maison. Humaine...

Au cours de jours qui suivaient, j'effectuais des recherches sur internet, lisant tout ce que je pouvais sur les loups-garous, leur mythe, leurs légendes, leur capacité à transformer d'autres humains en bête. De la bête du Gévaudan en passant par le mythe des Berseker ou la reconnaissance de la lycanthropie comme une maladie clinique, je m'évertuais à comprendre comment j'avais été infectée, à découvrir comment je pouvais être soignée et guérie surtout. Mais cela restait surtout beaucoup de folklores, sans rien à quoi se raccrocher quand chaque pleine lune annonçait une inéluctable transformation en cette créature monstrueuse que j'avais croisé au bord du lac. Reprendre le chemin de l'université m'aidait, en un sens. M'en tenir aux faits, à la médecine pure, à l'anatomie sensée, me permettait de ne pas perdre pieds, de ne pas devenir folle. Plus j'en apprenais sur le corps humain, ses capacités et les maladies ou les malformations qu'il pouvait contracter, moins je m'appesantissais sur mon double inhumain. Hormis l'espoir de trouver un remède à cet état, lorsque j'étais humaine, ma principale préoccupation était de ne pas nuire à autrui quand j'étais un loup-garou. La hantise de découvrir avoir fait du mal à quelqu'un voire pire au petit matin me terrifiait littéralement.

Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, je travaillais mentalement pour que chaque transformation devienne moins douloureuse, pour conserver un semblant d'humanité aussi durant chacune d'elle. Durant mon clinicat, je m'orientais vers la traumatologie quand d'autres étudiants optaient pour différentes chirurgies plus prestigieuses. J'aimais la sensation d'urgence, que chaque seconde était aussi importante que les autres dans le cas d'un grand blessé, que ce soit la simple facture d'un poignet à une blessure plus importante ou un mal encore indéfini qui amenait un patient aux urgences. Quatre années, rythmée par les cours, l'internat et les nuits de pleine lune. Quatre années de plus comme résidente avant de pouvoir présenter l'examen qui me permettait d'obtenir la licence qui me permettait d'exercer comme médecin d'urgence. Je n'avais pas prévu de quitter les environs de Denver avant de croiser un autre lycanthrope. Un humain tout à fait banal pour mes collègues de travail, mais à son odeur et son regard, je savais ce qu'il était et réciproquement. C'était la première fois que j'en croisais un autre et, au lieu de m'en réjouir, je paniquais à l'idée que par sa faute, ma vie, l'organisation que j'étais parvenue à établir pour concilier mon travail et ma vie privée s'effondre.

Peu avant mon départ pour le Maine, je le recroisais néanmoins et acceptais de prendre un café, de l'écouter me parler de meutes dans lesquelles les gens comme nous pouvaient vivre en toute sécurité, au sein d'une famille qui nous comprenait, qui nous défendait. Il semblait convaincu par la nécessité de vivre en communauté quand je voyais ça comme vivre replié sur soi-même, en autarcie par rapport au reste de l'humanité dont nous faisions toujours partie quoi qu'il en dise. Je promettais d'y penser quand je savais déjà que je n'en ferai rien et, après avoir dit au revoir à mes parents, je m'envolais pour Boston avant de me rendre à Augusta. La ville n'était ni trop grande, ni trop petite, si bien que j'y trouvais facilement un poste à l'hôpital et une petite maison en ville. Les grands espaces à portée me permettraient des courses nocturnes à la pleine lune sans craindre de se faire voir ni entendre. Six années plus tard, cela ne s'est pas démenti. Je mène ma vie en toute tranquillité ou presque, ne m'occupant que de mes affaires et mon travail.

A ceux parmi les lycans que je peux croiser et qui tentent de me vendre la vie en meute, je me contente de répondre que je ne suis pas intéressée. A ceux parmi eux encore qui tentent de me faire rejoindre le bastion angélique ou la horde des démons qui sévissent à Waterville ou Sabbatus, je réplique que j'ai prêté serment en devenant médecin et que celui-ci m'interdit de prendre parti pour les uns ou les autres. Je ne veux pas avoir à choisir qui je soigne, qui je sauve ou qui je laisse mourir sous prétexte d'appartenir à un camp plutôt qu'un autre. Je ne veux pas marquer cette hésitation morbide un jour. Chacun est libre de ses choix et j'entends qu'on respecte les miens en me foutant une paix royale.



Celsius




Dernière édition par Caleigh D. Horvat le Sam 23 Sep 2017 - 23:32, édité 1 fois
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Abandonné
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Marc Rivière
Abandonné


MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 20:35

Rebienvenue, chère collègue,

Le MGMC est toujours là, c'est à toi qu'on le doit ! Smile
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Médecin
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Caleigh D. Horvat
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Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 23:25

Merci Marc et contente qu'il n'ait pas été démoli
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Alpha

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 23:32

Bienvenue ! ou re du coup Wink Contente de voir que les loups sont de plus en plus nombreux ^^
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Garde-forestier
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Tessa Spencer
Garde-forestier


MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 23:34

Bon retour Smile
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Caleigh D. Horvat
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Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Sam 23 Sep 2017 - 23:35

Merci Luna, ainsi qu'à toi Tessa Smile
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Prophétesse
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Débora
Prophétesse


MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 0:10

Rebienvenue à toi alors, sous les jolies traits de ta louve.

Tu connais la maison donc vas-y promènes-toi, tu es de retour au bercail, amuses-toi bien.

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Sorcière
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Jezabel
Sorcière


MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 0:11

Je viens te souhaiter la bienvenue parmi nous. Ou du moins, un excellent retour !

Je suis super très heureuse de te retrouver ici, vraiment

Il me tarde de relire tes aventures !

A très vite et n'hésites pas si tu as des questions surtout !
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Médecin
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Caleigh D. Horvat
Médecin

Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 0:12

Merci beaucoup à toutes les deux Smile
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Démon

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 0:56

Bienvenue Caleigh,

Du moment que tu ne copines pas avec la Meute, tout se passera bien.
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Médecin
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Caleigh D. Horvat
Médecin

Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 1:02

Merci St.John et je ne copinerai avec aucun des deux camps... ils sont louches tous les deux Razz
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Nécromancienne
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Kali Bennett
Nécromancienne


MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 1:48

Bon retour parmi nous... Et cette demoiselle si charmante est à croquer *.*
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Bêta
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Maia Woods
Bêta

Créateur : Son père (Luc Woods)

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 8:46

Comment ça on est louche ? Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler. N'est-ce pas Luna ?

En tous cas, je te souhaite tout de même à nouveau la bienvenue sur le forum (puisque les anciens ne tarissent pas d'éloges à ton sujet Wink).
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Médecin
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Caleigh D. Horvat
Médecin

Créateur : Un total inconnu

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 10:56

Merci Kali Wink... Les sorciers croquent à présent ? Va falloir que je me mette à jour sur eux Laughing
Et merci à toi Maia ^^ (ben disons que ça me semble louche de vouloir se rapprocher d'un camp ou un autre, mais ça n'engage que moi xD et les anciens sont trop gentils, ce sont eux qui méritent des éloges Smile )
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Alpha

MessageSujet: Re: Caleigh D. Horvat Dim 24 Sep 2017 - 11:52

Non moi non plus Maia ^^
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Caleigh D. Horvat

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